Cyrille

 

C’est une voix étrangère qui me réveille. Curieux ! Je suis pourtant certaine de m’être couchée seule hier soir… J’émerge doucement en essayant de comprendre ce qu’elle dit. Bon sang ! J’ai un mal de tête épouvantable et mon estomac a décidé de danser la salsa ! « J’ai faim ! Donne-moi à manger ! Faim ! Faim ! Faim ! » Je me redresse d’un seul coup en réprimant la nausée.

Tout tangue un peu, mais ma vue redevient peu à peu normale et je découvre d’où vient la voix… C’est mon chat, Cyrille qui me parle : oui, j’ai un chat qui s’appelle Cyrille. On me l’a offert lors de ma dernière rupture et comme j’étais un peu pompette (une rupture, ça s’arrose), je l’ai appelé comme mon petit voisin dont les jolies fesses me font rêver.

Bref, en m’apercevant que mon chat est soudain doué de la parole, je commence à maudire les copines. Qu’est-ce qu’elles ont bien pu me faire boire ? Est-ce que l’une d’elles a glissé quelque chose dans mon verre ? Cyrille s’impatiente. Il saute sur le lit et me donne des coups  de patte : » T’es sourde ? J’ai faim ! Lève tes fesses et nourris-moi ! »

Oh merde ! C’est nul un chat qui parle… Je le trouvais plus mignon quand il faisait « miaou ! » Je passe ma journée à me dire ça en boucle, car Cyrille est très bavard. Pendant que je lui verse ses croquettes, j’entends ses commentaires : « Radine, va ! C’est quoi cette portion de fillette ? Déjà que tu me prends des croquettes discount… Le chat de la voisine, lui, on le nourrit de steak haché et de poisson blanc ! » Je lui réponds du tac au tac : « Le chat de la voisine, il a un pedigree, lui ! »

Cyrille boude trente secondes, puis se précipite sur sa ration. « C’est dégueulasse ! fait-il entre deux bouchées. On dirait du rat mort ! » Après manger, il file dans sa litière et là encore, il trouve le moyen de discuter : »Hum, que c’est bon et que ça fait du bien…. Je sais que tu m’attends avec ta petite pelle en plastique : ne t’en fais pas, je t’ai laissé de l’ouvrage ! » Il sort la queue en panache et je constate qu’il ne m’a pas menti.

Tout pour lui est sujet à palabrer. « Ouvre la fenêtre ! me demande-t-il. Je veux des moineaux, des mignons et délicieux petits moineaux… Laisse-moi sortir ou bien je pisse sur le paillasson ! Dis, tu m’entends ? Puisque c’est ça, je vais te pourrir le canapé… »

Arrivé au soir, je n’en peux plus. Je me couche exténuée, des boules quiès dans les oreilles pour ne plus l’entendre.  Après une bonne nuit de sommeil, je les retire, prête à affronter mon tyran à quatre pattes, mais ô bonheur : il miaule de nouveau. Toute contente, je l’accompagne dans la cuisine, mais une voix grave me cloue sur place : « Encore occupée avec ce stupide chat ! Aucune importance : pour la peine, j’ai bouffé tes pantoufles !  » Mon chien Roger (eh oui, j’ai un chien qui s’appelle Roger, comme mon facteur qui a de si jolies… enfin, vous avez compris !) me regarde avec un air de reproche.

 

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