La lampe

Ce texte a été écrit dans le cadre du challenge d’écriture du Blog « l’atmosphérique de Marie Kléber ». Le thème du challenge est le suivant :

Pour le rendez-vous de la semaine prochaine, je vous propose un voyage en Orient. Les sons, les épices, les couleurs, l’atmosphère, les odeurs, les saveurs, les tissus… A partir de la musique suivante, je vous invite à écrire un texte qui traduira soit vos ressentis et émotions à l’écoute de ce morceau, soit relatera un souvenir (qui sait) ou racontera une histoire sortie de votre imagination. Laissez vous porter, envoutez-nous et encore une fois, souvenez vous que tout est possible!

Mozart l’Egyptien

 

Charles grognait et haletait au-dessus d’elle. Puis il roula sur le côté et presque instantanément, se mit à ronfler. C’était ce qu’il appelait « faire l’amour ». Il y avait longtemps qu’Émeline avait renoncé à chercher tout plaisir à la chose. Sa seule consolation, c’est que son mari ne réclamait pas plus d’amour ni d’attention qu’il ne lui en donnait.

Du reste, la passion qui animait la jeune femme n’avait rien de charnel. Elle ne vibrait que pour les objets, de préférence rares et précieux. Cet après-midi, cependant, elle avait craqué pour une vulgaire lampe à huile, une camelote digne d’un bazar. Sans trop savoir pourquoi, elle s’était sentie appelée par ce bibelot qui trônait sur une étagère poussiéreuse.

Dans l’obscurité, elle tendit la main et attrapa la lampe sur sa table de chevet. Elle était tiède entre ses doigts, douce et rassurante. Elle la serra contre son cœur et s’endormit sourire aux lèvres. Une tendre caresse sur son visage lui fit bientôt rouvrir les yeux. Un regard brun la scrutait. L’inconnu se trouvait au-dessus d’elle et Charles avait disparu.

Elle réalisa avec stupeur qu’elle n’était plus dans sa chambre, ni dans son lit, remplacé par un sofa couvert de coussins multicolores. Une odeur de rose et de jasmin flottait dans l’air et une musique orientale se jouait en sourdine. Et quelle musique ! La virtuosité de Mozart, mêlée à l’exotisme d’instruments orientaux : un délice qui lui donna la chair de poule.

L’inconnu lui tendit la main et elle la prit sans crainte ni hésitation. Elle était soudain Shérazade s’abandonnant à l’étreinte de son prince. Sans pudeur ni fausse honte, elle s’offrit à l’homme qui lui prodigua d’habiles caresses. Il murmurait à son oreille des mots dont elle ne comprenait pas le sens, mais qui l’enflammèrent. Leurs ébats achevés, il s’allongea près d’elle et la prit dans ses bras où elle s’abandonna au sommeil.

Charles prenant sa douche la ramena à la réalité. La lampe était toujours entre ses mains, mais son amant, lui, avait disparu. Avait-elle rêvé ou ce moment magique avait-il vraiment eu lieu ? Pour en avoir le cœur net, elle souleva la lampe et la frotta…

 

7 commentaires sur “La lampe

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